Mes exigences pour une juste politique migratoire

Je suis moi-même issue de l’immigration, comme de très nombreux Français. Je suis attachée à la tradition d’accueil de la France et à la richesse née de la diversité. Je combats fermement les visions étroites qui voudraient faire de l’immigration et de l’altérité une menace. Les migrations sont indissociables de l’histoire et de l’essence même de l’humanité.

Je suis également consciente des drames que les migrations peuvent occasionner quand le départ est subi ou que l’accueil n’est pas au rendez-vous. Députée membre de la commission des lois, je suis allée au Niger, j’ai rencontré les femmes, les enfants, les hommes victimes du trafic et de l’exil. J’ai également reçu à ma permanence de nombreuses personnes en situation irrégulière et vivant sous le coup d’une expulsion permanente alors qu’elles ont construit leur vie sur notre territoire depuis des années.

J’ai constaté aussi l’engorgement des services et des structures d’accueil occasionné par des procédures trop longues, des éloignements inappliqués ou par des demandes d’asile répétées de ressortissants de pays européens considérés comme sûrs.

Je salue ainsi l’initiative du gouvernement de poser le débat de l’immigration en France afin de répondre à une situation dont personne ne peut se satisfaire en dépit des efforts qui ont été déjà réalisés pour réduire le temps des procédures, mieux accueillir et mieux appliquer les décisions d’éloignement.

C’est un sujet fondamental autant qu’il est sensible et je tiens ainsi à réaffirmer ce que je crois devoir être les éléments structurants de notre politique migratoire en France :

  • Le droit d’asile et l’Aide Médicale d’Etat ne sauraient en aucun cas être remis en cause: c’est le cœur même du contrat républicain qui nous lie mutuellement à toute personne vulnérable ou en danger.
  • Les moyens de l’intégration des personnes autorisées à rester sur le territoire doivent être renforcés : c’est la clé pour donner aux personnes accueillies la possibilité de contribuer au mieux à notre société, à vivre en sécurité et dans la dignité, ainsi même que Michel Rocard le soulignait dans son livre « Un pays comme le nôtre».
  • Les décisions de reconduite doivent être appliquées : c’est la condition indispensable pour que l’Etat de droit soit respecté. Cela est difficilement possible aujourd’hui notamment du fait de la saturation des Centres de Rétention Administrative et de leurs conditions d’accueil qu’il faut améliorer drastiquement, tout particulièrement pour les familles.
  • Les personnes présentes sur notre territoire depuis plusieurs années et pleinement intégrées à la République française doivent être régularisées : il n’est pas pensable que les limites de notre propre procédure soient la cause de drames supplémentaires.

C’est ce à quoi je serai vigilante dans les débats portant sur l’immigration.

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