Déplacement au Niger : changer d’échelle pour mieux répondre aux enjeux internationaux de la migration

Dans le cadre d’une délégation parlementaire accompagnant Gérard Collomb et Jean-Yves Le Drian au Sahel, je me suis rendue pendant 3 jours au Niger.

Le premier objet du déplacement était la participation de la France à un réunion internationale de lutte contre les réseaux criminels de trafic de migrants qui réunissait 13 pays d’Afrique et de l’Union Européenne. Ces réseaux criminels exploitent la misère des migrants et contribuent au financement du terrorisme. C’est un enjeu mondial d’y mettre un terme et la France y est résolue, comme l’a affirmé le président Macron lors du sommet à l’Elysée du 28 août dernier.

Nous avons également rencontré les autorités du pays, dont le Président de la République, M. Mahamadou Issoufou, et nos homologues parlementaires à qui nous avons remis une invitation de notre président François de Rugy. Nous avons échangé avec eux des nombreux projets de coopération entre nos pays. Le Niger est en effet notre premier partenaire économique et militaire dans la région.

Avec les parlementaires nigériens, nous avons ainsi rendu visite aux militaires de l’opération Barkhane sur la base aérienne de Niamey. Preuve de l’engagement Français pour la stabilité au Sahel et la sécurité de l’Europe, l’opération Barkhane, avec 4400 militaires, est la plus grosse opération extérieure de la France. Elle vise à la lutte contre le terrorisme et au renforcement des capacités militaires du G5 Sahel qui doit à terme lui succéder.

Nous nous sommes rendus enfin à Agadez, ville située aux portes du désert, lieu historique de croisement de routes soumis aujourd’hui à une pression migratoire très forte. Les témoignages des migrants, tout particulièrement en ce lieu classé patrimoine mondial de l’humanité, sont bouleversants et ont renforcé encore notre volonté de lutter contre les exactions qu’ils subissent. Ils nous ont permis de prendre conscience de la réalité de leurs parcours de vie, des épreuves sans nom qu’ils ont pu endurer mais aussi de la volonté et des espoirs de vie meilleure de ceux qui se surnomment parfois « ceux qui défient la Méditerranée ».

Nous avons rencontré également les acteurs de terrain qui leur viennent en aide, notamment les agences onusiennes qui leur apportent protection et aide au retour et à la réintégration en soutenant par exemple des projets de développement dans leurs pays d’origine. La question du développement économique est en effet essentielle pour répondre à la misère et aux souffrances qui nourrissent à la fois la tentation de l’exil et le prosélytisme fanatique. L’enjeu du développement est d’offrir à chacun la possibilité d’un avenir en son propre pays.  

Ce séjour aura été l’occasion d’éclairer les composantes internationales de la migration et de rappeler qu’aucune loi franco-française ne pourra seule encadrer ce phénomène. Lutter contre les exactions à l’encontre des migrants et contre l’immigration clandestine implique nécessairement de renforcer la coopération avec les pays de départ et de transit.

 

Aujourd’hui plus que jamais j’appelle à dépasser les fantasmes provoqués par une vision trop étriquée de la migration que sont d’un côté la peur des migrants, qui sont avant tout des victimes, et de l’autre l’idée selon laquelle nous pourrions accueillir tout le monde.

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