[25/03/2019] – Le Dauphiné – Fonction publique : la députée LREM Émilie Chalas répond aux syndicats

Après l’appel à manifester devant sa permanence parlementaire mercredi à Grenoble, la députée LREM – rapporteure du projet de loi “Transformation de la fonction publique” – répond à nos questions.L’appel a été relayé sur les réseaux sociaux par Solidaires 38 et certains gilets jaunes isérois.

Surmonté d’une photo de la députée Émilie Chalas légendée : “Services publics – Qu’ils viennent me chercher. Rassemblement le 27 mars dès 14 heures”, le tract dit également : “Nous avons décidé d’organiser un rassemblement devant la permanence de la rapporteure du projet de loi sur la casse de la fonction publique, rue de Belgrade à Grenoble […] Son projet c’est notamment la disparition des structures de soins de proximité, moins de services publics et moins de personnels […] C’est un statut médiocre pour tous les agents !”

«Leur tract fait un amalgame »

La date de mercredi n’a pas été choisie au hasard, car c’est justement ce jour-là que le projet de loi “Transformation de la fonction publique” du secrétaire d’État Olivier Dussopt sera présenté en conseil des ministres. Il faudra néanmoins attendre le début du mois de mai pour qu’il soit examiné à l’Assemblée nationale, avec Émilie Chalas en rapporteure.

Nous avons contacté cette dernière pour qu’elle réagisse à l’annonce de cette manifestation et sur le texte qu’elle compte défendre. « Décidément, les syndicats et les gilets jaunes ont l’art de manifester devant ma permanence quand je n’y suis pas. Je serai à Paris mercredi. Je leur rappelle juste qu’ils peuvent prendre rendez-vous avec moi, je peux les recevoir, je peux discuter. Mais je tiens à préciser que leur tract fait un amalgame entre le programme “Action Publique 2022”, lancé par le Premier ministre pour réorganiser les services de l’État, et ce projet de loi “Transformation de la fonction publique”, dont l’objectif est surtout une refonte des RH, du management et des évolutions de carrières. Il prévoit notamment que les fonctionnaires pourront redevenir maîtres de leur destin, en pouvant changer de métier au cours de leurs carrières. On réintroduit aussi la formation des managers, à tous les niveaux. Il est en effet incompréhensible que des agents soient aujourd’hui propulsés “chefs d’équipe” sans avoir été formés au préalable. Il y a aussi un point que je défends particulièrement : si un fonctionnaire veut travailler dans le privé pendant cinq ans par exemple, ces 5 ans passés à l’extérieur seront valorisés dans son parcours professionnel. Ce qui n’est pas le cas pour l’instant. Il y a aussi tout un volet pour dé-précariser les agents, à temps partiel, car ils sont nombreux dans la fonction publique territoriale notamment. »

« La France est aujourd’hui comme une famille surendettée »

Reste que ce texte, qui a d’autres aspects décriés comme l’arrivée de la rupture conventionnelle, tombe également en pleine restructuration des effectifs et des sites, suivant les préconisations du programme “Action Publique 2022”…

On demande donc à Émilie Chalas si elle soutient ces mesures : « Je vais être très claire. À un moment donné, quand un pays compte 2 000 milliards dettes et qu’on ne veut pas augmenter les impôts, il faut bien repenser les dépenses publiques pour être efficace. La France est aujourd’hui comme une famille surendettée, et le gouvernement agit comme un bon père de famille. Il sait, que pour continuer, il faut faire des efforts, revoir les priorités, pour continuer à avancer. »

 

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