[11/01/2019] – Libération – Les élus macroniens pris pour cible

Menaces, insultes, intrusions, permanences ou domiciles murés… Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, près d’une soixantaine de parlementaires de la majorité ont été pris à partie.

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Parmi les marcheurs, d’anciens socialistes se remémorent les vitrines des sièges locaux du parti taguées ou criblées lors de manifestations contre la loi El Khomri en 2016, les mails hostiles reçus au cours du débat sur le mariage pour tous et le harcèlement subi alors par l’ex-garde des Sceaux, Christiane Taubira.«Cela fait quinze ans que cette violence couve et a grimpé en flèche. Je fais de la politique depuis vingt-cinq ans et là je suis glacé», conclut Bruno Questel (ex-PS). Que les élus soient aguerris ou novices, «personne n’est préparé à se faire menacer jusque dans sa sphère personnelle», explique Emilie Chalas.

Certains ont dû prendre des précautions particulières. Cette dernière, élue de l’Isère, a annulé une réunion publique en décembre, alertée qu’une centaine de personnes prévoyait de venir troubler l’événement, à l’appel d’un groupe Facebook qui voulait «régler ses comptes» avec elle. Cette semaine, Danielle Brulebois a reporté ses vœux, après avoir été informée par son préfet que des renforts seraient nécessaires pour sécuriser la soirée. «Des gilets jaunes voulaient perturber ma cérémonie et avaient lancé un appel à leurs camarades des départements voisins»,relate la députée du Jura. D’autres informent le préfet de leurs déplacements. Pour certains, des rondes de la gendarmerie sont organisées près de leur domicile. «Mon souci, ce sont mon épouse et mes enfants que j’ai entraînés là-dedans», soupire un parlementaire.

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