[02/02/2019 – Le Dauphiné – Un vendredi soir pour parler de démocratie…

Des députés isérois, membres de La République en Marche, ont eu l’idée de s’associer pour organiser une série de grands débats. Le premier portait sur le thème de la démocratie.

Et si ce fameux grand débat était finalement une vraie bonne chose ? Car ce vendredi soir à l’ancien Musée de peinture, place de Verdun, il s’est passé un truc lors de la première des quatre séances organisées par quatre députés LREM de l’agglomération grenobloise.

Même si l’hôte, Émilie Chalas, avait par avance défini le thème “Démocratie et citoyenneté”, même si le public manquait un peu de jeunesse, le moment a en effet été fort (presque) de bout en bout. Au fil des discussions, on ne pouvait que souscrire à la remarque d’une des intervenantes qui a lancé que « l’actuelle conscientisation de l’affaire politique est une chance pour tous les citoyens français ». Ce vendredi soir, les langues se sont déliées. Il y a eu des hésitations, des interrogations, mais aussi de la fougue, des convictions, des applaudissements et une forme de respect dans le dialogue, qui nous a presque fait oublier tout ce qu’on a pu récemment lire sur les réseaux sociaux.

Des gilets jaunes, des macronistes, un ancien sarkozyste…

Ensemble malgré leurs différences (car il y avait beaucoup de gilets jaunes, dont le leader Julien Terrier, mais aussi des macronistes, des eurosceptiques, un ancien sarkozyste et des « citoyens tout courts » comme certains se sont définis), ces Grenoblois ont su débattre. Débattre sur la démocratie représentative, les fins de mois difficiles, la VIe  République, les référendums, la crise de confiance dans les élus, la dictature de l’émotion, la loi anticasseurs, la justice fiscale, le cumul des mandats, Benalla, le poids des lobbies, la taxe carbone, etc.

Ensemble, ils ont essayé de réfléchir à la notion de démocratie, en s’arrêtant même, et bien loin des clichés entendus ces derniers temps, sur la place des médias… On a entendu de belles phrases – « Comment s’intéresser à la démocratie quand le frigo est vide » ou « Il faut arrêter d’être des citoyens consommateurs, il faut au contraire laisser aux élus le temps d’agir » -, mais aussi des critiques virulentes contre les députés parlementaires jugés trop inféodés au gouvernement… Il y a eu également des propositions pour inventer un nouveau fonctionnement des institutions, pour gommer les inégalités.

Bon, il y a eu quelques fake news, notamment sur les impôts des parlementaires. Mais pas tant que ça. Et, au final, on a surtout senti un réel besoin de formulation des idées et d’échanges.

Alors, oui, on peut dire que le moment a été fort. Enfin, presque tout le long. Car les dernières vingt minutes (la fatigue ?) ont été plus chaotiques. Les interventions successives des parlementaires (Émile Chalas, Didier Rambaud et Catherine Kamowski) ont résonné comme des conclusions vraiment défensives et ont eu le tort de recalibrer la rencontre dans un style « réunion publique », avec l’élu qui parle en dernier. Résultat : alors que l’écoute avait été réciproque jusque-là, les échanges se sont tendus. Dommage, vraiment dommage…

 

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